Le Bénin, un monde de rap disparu

Autrefois, le Bénin était la galaxie du rap africain. Astres et autres comètes se croisaient, s’affrontaient et créaient une constellation de talents lyricistes et lyriques, une puissance et une éloquence textuelles qui faisaient trembler les planètes.
Dans le temps, nous avions nos Avengers du rap. Kaysee Montejano, le Thor des punchlines assommantes, Amir notre Captain America avec ses fulgurances, Anoir le spadassin et ses assonances stupéfiantes, Jay Kilah l’Iron Man tout en maîtrise, Magic l’Anti Man la roulette à parole, Blaaz notre spiderman des hits, WP le Hulk à la puissance du flow improvisé, Logozo le Hercule et son authenticité, Nesty Nesta le Black Widor au vers transperçants, Rim-K le Batman dit la mitraillette.
Cette époque est maintenant lointaine. Ces dinosaures du rap ont disparu laissant derrière eux le vide. Plus aucun album pur rap ces 10 dernières années, à part un retour fulgurant d’Amir El Présidente avec la signature d’un dernier album comme un cadeau d’adieux. Désormais, les chanteurs de variété se proclament Roi de la street. Sans tube, sans concert, sans flow, ils se la racontent. Même les chanteurs de compà se prennent pour rappeurs désormais. Mais en vrai, le rap béninois est mort. Les moins médiocres croient compenser leur peu de talent par l’agressivité et la vulgarité. Non, le rap est un art trop noble pour que son trône soit occupé par des zoukeurs mal inspirés. Arrêtez-nous cette rigolade.
Ganiou AGNIDE